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Comptabilité

Téléphone, ordinateur, appareil photo : que pouvez-vous vraiment déduire ?

C'est la question que l'on nous pose le plus souvent, et la réponse commence par une mauvaise nouvelle pour beaucoup : tout dépend de votre régime. Voici comment traiter un matériel qui sert à la fois à votre activité et à votre vie personnelle.

Lecture 7 min À jour en 2026

Vous filmez avec votre téléphone, vous montez sur votre ordinateur, et les deux vous servent aussi le soir pour regarder une série. Alors, déductibles ou pas ? La réponse tient en trois temps : votre régime, la part réellement professionnelle, et votre capacité à la justifier. Reprenons dans l'ordre, parce que c'est l'ordre qui compte.

La question ne se pose pas dans tous les régimes

Commençons par le point qui règle le sujet pour une grande partie des créateurs : en micro-entreprise, aucune dépense ne se déduit. Vos charges réelles ne sont pas prises en compte, parce qu'un abattement forfaitaire est censé les couvrir. Acheter un appareil à quatre mille euros ne changera donc rien à votre imposition.

Cela ne signifie pas que ces dépenses ne comptent pas : elles réduisent bien votre revenu réel, et elles doivent être intégrées dans le calcul de vos tarifs. Mais elles n'ont aucune traduction fiscale. La question de la déduction ne prend son sens qu'au régime réel ou en société, et c'est précisément ce constat qui pousse beaucoup de créateurs à envisager un changement de régime.

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Attention aux contenus qui expliquent « comment déduire son matériel » sans préciser le régime. Ils décrivent une réalité qui ne concerne pas les micro-entrepreneurs, c'est-à-dire la majorité des créateurs. Si vous êtes en micro-entreprise et que vous accumulez des factures en pensant les déduire, vous perdez votre temps. Vérifiez d'abord votre régime, ensuite la déductibilité.

Les trois conditions

Au régime réel, une dépense n'est déductible que si trois conditions sont réunies. Elle doit être engagée dans l'intérêt de l'activité, et non pour votre confort personnel. Elle doit être justifiée par une facture en règle, idéalement au nom de votre entreprise. Et elle doit être correctement comptabilisée, ce qui suppose de savoir si l'on passe une charge ou une immobilisation.

La première condition est celle qui se discute. Un micro pour enregistrer vos vidéos ne pose aucune difficulté. Un abonnement à une plateforme de streaming, présenté comme de la veille concurrentielle, est nettement plus fragile.

La part professionnelle : le vrai sujet

Lorsqu'un bien sert aux deux usages, seule la fraction correspondant à l'usage professionnel est déductible. Il ne s'agit pas de choisir un pourcentage confortable, mais de retenir une clé de répartition cohérente avec la réalité, et de pouvoir l'expliquer.

Deux réflexes de bon sens. Le premier : appuyez votre estimation sur quelque chose de tangible, temps d'utilisation, volume de production, nature de l'équipement. Le second : notez votre raisonnement au moment de l'achat, pendant que vous vous en souvenez. Une clé de répartition documentée le jour même se défend ; une clé reconstituée trois ans plus tard ne se défend pas.

Corollaire souvent négligé : un matériel exclusivement professionnel se traite plus simplement. Si votre activité le justifie, dédier un appareil à votre seule activité vous épargne le débat.

La bonne question n'est pas « est-ce déductible ? », mais « saurai-je justifier la part professionnelle dans deux ans ? ».

Un achat important en vue ? On regarde ensemble le traitement avant que vous ne passiez commande.
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Charge ou amortissement : ce n'est pas la même chose

Une dépense professionnelle ne se traduit pas toujours immédiatement. En dessous d'un certain montant, un petit équipement peut être passé directement en charge de l'exercice. Au-delà, le bien constitue une immobilisation : son coût se répartit sur sa durée d'utilisation, par le mécanisme de l'amortissement.

La conséquence est concrète : un achat conséquent réalisé en décembre ne réduit pas votre résultat de la totalité de son prix. C'est une source de déception fréquente chez les créateurs qui investissent en fin d'année en espérant un effet immédiat. Le seuil applicable et les durées d'amortissement retenues se vérifient au cas par cas, en fonction du bien et de votre situation.

Un mot sur la taxe sur la valeur ajoutée : si vous y êtes assujetti, la question de sa récupération se pose également, et elle suit aussi la part professionnelle. Si vous êtes en franchise en base, elle ne se pose pas.

Les cas particuliers de notre métier

Quatre situations reviennent constamment et méritent une réponse claire.

  1. Le téléphone. Distinguez le terminal, qui est un bien, de l'abonnement, qui est un service consommé mois par mois. Les deux suivent la logique de la part professionnelle, mais pas le même traitement comptable.
  2. Les vêtements, la coiffure, le maquillage. C'est le refus le plus fréquent : ces dépenses sont considérées comme personnelles par nature, même lorsque vous apparaissez à l'image. Des exceptions existent pour des tenues qui ne sont pas portables dans la vie courante, mais elles sont étroites. Ne construisez pas votre budget sur cette hypothèse.
  3. Les produits achetés pour être testés ou filmés. S'ils sont consommés par le contenu, la logique professionnelle se défend. S'ils rejoignent ensuite votre usage personnel, la question change de nature. Le critère n'est pas l'intention d'achat, c'est la destination réelle du bien.
  4. Le matériel acheté avant la création de votre activité. Il n'est pas perdu pour autant, mais son intégration suppose une démarche formelle et un traitement particulier. Signalez-le à votre expert-comptable au démarrage plutôt que de renoncer.
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La facture au nom de l'entreprise, dès l'achat. C'est le réflexe le plus rentable et le moins coûteux : demandez systématiquement une facture professionnelle, avec votre dénomination et votre numéro d'identification. Un ticket de caisse anonyme pour un achat significatif rend la déduction fragile, quelle que soit la réalité de l'usage. Voir aussi notre article sur les frais déductibles.

Les erreurs à éviter

Quatre pièges classiques. Déduire à cent pour cent un bien manifestement mixte, ce qui fragilise l'ensemble de votre comptabilité et pas seulement cette ligne. Accumuler des factures en micro-entreprise en croyant les déduire. Investir en décembre en attendant un effet fiscal immédiat qui n'aura pas lieu pour un bien amortissable. Et ne conserver aucune trace du raisonnement ayant conduit à retenir une clé de répartition.

Se faire accompagner

C'est le cœur de notre métier, et les réponses dépendent réellement de votre situation : régime, nature du bien, part d'usage, moment de l'achat. Nous déterminons avec vous les clés de répartition défendables, nous distinguons charges et immobilisations, nous traitons le matériel antérieur à la création, et nous vous alertons en amont sur les achats importants. Découvrez notre accompagnement.

Votre matériel est-il correctement traité ?

Cet article donne des repères généraux. Pour une réponse adaptée à votre activité et à votre régime, échangeons : premier rendez-vous gratuit et sans engagement.