Mentions obligatoires d'un post sponsorisé
« Publicité », « Collaboration commerciale », « Images retouchées » : depuis la loi sur l'influence, un contenu sponsorisé doit afficher clairement sa nature. Voici les mentions obligatoires en 2026, où les placer, et ce que vous risquez sans elles.
Un partenariat non signalé peut vous coûter très cher, bien au-delà d'un simple rappel à l'ordre. Depuis la loi sur l'influence commerciale, indiquer clairement qu'un contenu est sponsorisé n'est plus une bonne pratique : c'est une obligation légale, contrôlée et sanctionnée. Voici, concrètement, ce que vous devez afficher en 2026 et comment.
Pourquoi ces mentions sont obligatoires
Le principe est simple : votre audience a le droit de savoir quand vous êtes rémunéré (en argent ou en avantages) pour promouvoir un produit. Ne pas le signaler revient à dissimuler l'intention commerciale d'un contenu, ce qui constitue une pratique commerciale trompeuse au sens du Code de la consommation. La loi de 2023 sur l'influence l'a rendu explicite pour les créateurs.
Cette obligation s'applique dès qu'il y a une contrepartie : un partenariat payé, mais aussi un produit offert contre publication, une invitation, un voyage de presse. Peu importe la plateforme (Instagram, TikTok, YouTube, Twitch) et peu importe le format (post, story, vidéo, live).
Quelles mentions utiliser ?
À l'origine, la loi imposait les termes « Publicité » ou « Collaboration commerciale ». Depuis l'ordonnance du 6 novembre 2024, ces règles ont été assouplies : vous pouvez utiliser des mentions équivalentes claires, adaptées au format et à la nature de la collaboration. Sont ainsi admis des termes comme « Sponsorisé », « Partenariat », « Produit offert » ou « Invitation », du moment qu'ils sont compréhensibles immédiatement.
La règle de fond n'a pas changé : la mention doit être explicite et non ambiguë. Un simple mot-dièse noyé dans une liste de hashtags, une formule vague ou un anglicisme obscur ne suffisent pas. Le test est simple : un internaute doit comprendre en un coup d'œil que le contenu est commercial.
Bon à savoir : les outils natifs des plateformes (« Partenariat rémunéré », « Inclut une promotion payante ») sont utiles et recommandés, mais ne vous dispensent pas d'une mention claire dans votre contenu lui-même. Cumulez les deux pour être tranquille.
Où et comment les afficher
L'emplacement compte autant que le mot choisi. La mention doit être visible immédiatement, sans que l'internaute ait à cliquer sur « voir plus » ou à fouiller les commentaires. Pour une story ou une vidéo, elle doit rester lisible pendant toute la durée du contenu sponsorisé, pas une demi-seconde au début.
Concrètement : en début de légende (pas en fin de liste de hashtags), en incrustation visible sur une story, en mention orale et écrite dans une vidéo. L'idée directrice est la transparence effective : tout ce qui rend la mention discrète ou fugace est un risque.
Images retouchées et contenus générés par IA
La loi impose deux mentions spécifiques, distinctes du caractère sponsorisé. Toute image dont la silhouette ou le visage a été modifié (affiné, épaissi, transformé) doit porter la mention « Images retouchées ». Toute image de visage ou de silhouette générée par intelligence artificielle doit porter la mention « Images virtuelles ». Ces mentions doivent elles aussi être claires, lisibles et présentes durant tout le visionnage.
Les sanctions encourues
Ce n'est pas un sujet théorique : la DGCCRF contrôle activement, avec des brigades dédiées et des outils de détection automatique, et une part importante des créateurs contrôlés ces dernières années étaient en infraction. Le défaut de transparence, qualifié de pratique commerciale trompeuse, peut être puni jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende (montant pouvant être relevé selon les cas).
La responsabilité est partagée. Depuis 2026, la marque, l'agence et le créateur sont co-responsables du respect des mentions. La marque ne peut plus se défausser sur vous, mais vous restez personnellement exposé : le « c'est l'agence qui gère » ne vous protège pas.
Les erreurs fréquentes
Quatre pièges reviennent souvent. Cacher la mention dans les hashtags en fin de légende, là où personne ne la voit. Croire qu'un produit offert n'a pas à être signalé, alors qu'une dotation est une contrepartie. Afficher la mention une seconde au début d'une vidéo au lieu de la maintenir. Et oublier les mentions image (« retouchées », « virtuelles ») quand on a utilisé un filtre de silhouette ou une image générée.
La transparence n'est plus une politesse envers votre audience : c'est une obligation légale, et son absence est une infraction.
Se faire accompagner
Le respect des mentions relève de votre vigilance éditoriale au quotidien ; en cas de contrôle de la DGCCRF ou de litige, c'est un avocat qu'il faut consulter, vers qui nous vous orientons. De notre côté, nous sécurisons le volet contractuel et économique de vos partenariats : c'est dans le contrat que se cadrent vos obligations de transparence, votre rémunération et vos avantages. Découvrez notre article sur le contrat de partenariat et les clauses à vérifier et notre accompagnement juridique.
N'oubliez pas non plus le volet fiscal : un produit offert que vous signalez comme « collaboration » reste un avantage en nature à déclarer. Transparence vis-à-vis de l'audience et transparence vis-à-vis du fisc vont de pair.
Vos partenariats sont-ils en règle ?
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